20.04.2011

Noirs plaisirs...

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Le 27 juillet 2003, Bertrant Cantat a frappé Marie Trintignant, à mort.


J'ai entendu: "Elle était peut-être difficile à vivre, exclusive, possessive, jalouse, insupportable qui sait…!?"…
Je reformule: Marie Trintignant est morte des suites de coups portés à la tête par Bertrant Cantat… Point. Barre. Que ce soit une baffe, une gifle trop forte, un geste même, c'est un coup. Je vois une grande main baguée, peut-être à l'index, je vois du THC, de la vodka, des mots, bravades, têtes brûlées, brume dans la tête, jeux, bousculade, baisers peut-être, n'empêche… Cantat, de ses mains d'homme, avec tout son talent, ton son désir, noir destin, Cantat, donc, a tué. Ses grandes mains d'homme ont volé à la face d'une femme, jusqu'à que sa petite voix s'éteigne dans la nuit.


Sincèrement, je ne connaissais pas Marie, et ma conscience s'arrête à son jeu de scène, à son minois d'enfer, à ce qu'elles m'inspirent toutes. J'aimais Bertrand et le vent qui le portait, quel gâchis. Huit années ont passé. Des parents pleurent encore comme ceux qui perdent un enfant, des fans sont perdus, tout le monde est perdu, le monde pleure un amour, des enfants sont là, quel misère.

Cantat remonte sur scène… Bien droit, de sa voix d'homme, il chante, vivant: c'est obscène. Voilà ce que je pense de la contrition élémentaire, de l'humilité, du pardon. Que le vent t'emporte, Bertrand.

Pierre d'o

10.03.2010

Greco...

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J'avais plein de mots, qui se glissaient dans ma tête, des grosses larmes quand elle a dit "La Javanaise", le coeur serré, le souffle coupé. De cet arbre sombre et même pas penché s'échappent deux oiseaux blancs qui l'enlacent, l'enserrent, la caressent, puis s'échappent loin, dans un cri…

Comme un nouvel élément pétri de théâtre, ce corps noir habite l'espace et lui balance sa vie, toute une vie. A chaque chanson Greco nous fait regretter la dernière et nous languir de la suivante en espérant que cela jamais ne s'arrête.

Il faut oser chanter Brel en changeant de ton, en sommant qu'on ne la quitte... Il faut savoir prendre Ferré avec le temps, il faut vouloir se laisser déshabiller et laisser s'échapper ce grondement de fauve. Il faut laisser monter ce Paris rauque, cet accent des grands de la chanson. Et d'ailleurs, qui la quitterait, la chatte de Saint-Germain ?

On ne dira pas son âge, à la dame, mais je dis moi, que je serais bien son Harold à cette Maude-là...

Point de rosserie pour cette fois mais une petite pensée pour la jolie Sandrine qui invite son public dans les rues rhodaniennes avec une affiche et une énorme "Viglino"...
Va falloir assurer, petite.

Pierre d'o



 

04.03.2010

Se souvenir de l'essentiel...

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©Yvan Muriset

 

La notoriété, en ces temps difficiles, que l'on ait fait perdre un milliard à une banque, ou que l'on ait copulé dans une piscine sur M6 et en prime time, que l'on soit le fils, l'otage ou l'assassin de, la notoriété disais-je, voyez-vous, tient en somme à peu de choses...

A l'aune de la valeur des oeuvres, des actes ou des vies, tout simplement, la notoriété de s'embarrasse pas des détails. Un quart de buzz, un soupçon d'Illustré, un zeste déplacé...et hop, on est prêt pour Ruquier, Ardisson, Darius ou, soyons fous, Fathi et le grand oral de sa Télé...

Absentes substantielles parmi les qualités que l'on souhaite aux grands de ce monde, éloquence, intelligence, modestie, culture, authenticité, créativité n'étranglent pas certains locataires de l'excellente Wikipedia. Ainsi et en vrac,  chansonnier pour enfant sur le retour, directeur d'école d'art sur le départ, leader xénophobe, épouse de navigateur vaincu semblent réunir un nombre de critères très suffisant pour voir leur étonnante biographie s'afficher...

Chagrin, dépité, remué comme un mauvais matin, je m'interroge...

Il y a dix ans mourrait Edmond Kaiser, fondateur en 1959 de Terre des Hommes et plus tard de Sentinelles... au secours de l'innocence meurtrie, disait-il...

De cet homme affable, farouchement anonyme, excessif dans ses luttes, ses grèves de la faim, ses interpellations, pas de trace dans l'encyclopédie du nouveau millénaire...Chercher l'erreur...

Pierre d'O

A lire  "Le massacre des innocents". Bernard Clavel